Appartenance de classe


Les analyses classiques en sociologie distinguent l’appartenance de classe du sentiment d’appartenance (elles utilisent pour cela des vocabulaires variés : classe en soi / classe pour soi ; classe objective / classe subjective ; etc.). Il s’agit en fait de distinguer la classe telle qu’elle est établie du dehors par les spécialistes, à partir d’un certain nombre de critères et la classe telle qu’elle peut être vécue comme univers de référence. Ces deux notions sont plus liées qu’il n’y paraît : si l’on définit la classe objective en termes inspirés du marxisme (en lien avec la place dans la production), on établit des groupes pour lesquels le sentiment d’appartenance (la classe subjective) est partie prenante dans l’existence même de la classe objective. La classe ouvrière est celle qui, dans la société française, a le plus fort taux de sentiment d’appartenance de classe, ce qui contribue à renforcer l’idée que la classe ouvrière existe et pas seulement comme classification de sociologue et ce qui a longtemps eu des effets électoraux assez nets 1.

1 Guy Michelat, Michel Simon, « Classe sociale objective, classe sociale subjective et comportement électoral », Revue Française de Sociologie, Vol. 12, No. 4 (Oct. - Dec., 1971), pp. 483-527.

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