Rechercher un programme
VH1 - Le manuscrit relié par Turner
Voir l'ensemble des programmes liés
- Le manuscrit relié par Turner
- La disposition des dessins
- Les techniques
- La dérive des significations
- Ombres et figures de l'infini
- Les 36 dessins du manuscrit
On sait que Victor Hugo avait légué par testament " tout ce qui sera trouvé écrit ou dessiné par moi à la Bibliothèque nationale de Paris qui sera un jour la Bibliothèque des Etats-Unis d'Europe ". Maître Gâtines note : " Cote quatre-vingt-cinquième, pièce unique. La pièce unique de cette cote est le manuscrit du roman qui porte le titre : Les Travailleurs de la mer. Ce manuscrit se compose de 433 feuillets et fragments écrit de la main de Victor Hugo. Ce manuscrit renferme plusieurs dessins et illustrations de Victor Hugo [suit l'énumération des trente-six dessins numérotés]. Tous ces feuillets et dessins sont compris en un volume relié et portant une couverture en parchemin ". Après l'édition de 1911, furent insérés dans ce manuscrit L'Archipel de la Manche et La Mer et le Vent ainsi que de pièces de reliquat, l'ensemble passant à 645 feuillets. Après une première restauration, il se présente désormais en deux volumes. Enfin, les dessins en sont d'abord détachés pour figurer dans des expositions, avant d'en être écartés après 1983 pour leur assurer une meilleure conservation. Cependant, l'un des termes de l'inventaire notarial est inexact. Le manuscrit ne porte pas une simple couverture. Hugo l'avait fait relier par Turner, à Guernesey. Dans un carnet, en date du 29 mai 1866, il note que Turner " est venu poser les dessins ". Ce ne sont alors que trente-quatre dessins, probablement, deux autres ayant été ajoutés plus tard par Victor Hugo (Le rocher Ortach et La maison visionnée). A cette date, la rédaction du roman est achevée depuis plus d'un an, et l'édition originale, à Bruxelles, est sortie depuis un mois et demi. Il ne s'agit donc nullement d'un projet de seconde publication du roman illustré par des dessins personnels. C'est une pièce unique, en effet, dans tous les sens du terme, qui n'est ni un simple manuscrit entendu comme référence originelle, ni l'esquisse d'un livre en tant que produit éditorial destiné au public, mais un objet aux fonctions complexes. Il porte les traces de la genèse du roman, conserve ses secrets de fabrication, assure une fonction de fétiche, joue le rôle d'oeuvre destinée à son propre auteur (en dehors des vecteurs de publication communs). Il est dépositaire d'un sens en décalage avec la forme éditée et publique du texte déjà paru. C'est un Livre unique, à maints égards. Il rend tangible la part de l'intime de la fabrication littéraire et invente une forme livresque autre que celle obéissant aux normes éditoriales. Il pose le problème de l'adéquation entre le texte édité et le texte manuscrit (pour peu que la conception de ce dernier obéisse à une esthétique spécifique - ce qui est le cas ici -). De quoi découle la question : cet ouvrage est-il porteur d'un modèle interprétatif différent, ou concurrent, ou redondant, au regard de celui que propose aux lecteurs l'édition publique ?
Générique
.
19/12/2002
Durée du programme :19 minute(s) et 1 secondes
Classification Dewey :Les arts, Littérature
Entretiens
Niveau :Tous publics / hors niveau
Disciplines :Lettres classiques, Histoire de l'art et Archéologie
Fiche LOM-FR :Français
