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Le droit au miroir de la littérature
Le courant "droit et littérature", très développé aux Etats-Unis, est encore embryonnaire dans les pays de langue française. Fruit de la collaboration de juristes, de philosophes et de littéraires, ce courant entend moins étudier le droit comme littérature, que chercher, dans les grandes oeuvres de fiction, des réponses aux questions les plus fondamentales que posent la loi, la justice et le pouvoir. L'entreprise n'est cependant pas sans risques. Entre la plume et le glaive, les liaisons ne sont-elles pas nécessairement dangereuses ? Aussi, entre le droit qui codifie la réalité, et la littérature qui libère des possibles, il convient, dans un premier temps, de mesurer les écarts. Alors que le droit hiérarchise et tranche, attribue des rôles convenus et postule la généralité et l'abstraction de ses règles, la littérature , en revanche, opère comme laboratoire expérimental de l'humain, ne reculant pas devant les passages à la limite les plus vertigineux; cultivant l'ambiguïté de son verbe et l'ambivalence de ses personnages, elle creuse la singularité de l'individuel. Mais s'il est vrai que le droit est du côté des formes instituées, et la littérature du côté des forces instituantes, c'est à une dialectique des deux pôles que l'on est conduit. Entre le "tout est possible" de la création littéraire, et le "tu ne dois pas" de l'impératif juridique, il y a, en effet, au moins autant interaction que confrontation. Alors se découvre un droit pétri d'imaginaire et traversé de failles multiples, tandis que, au travers du particulier et de la fiction dont elle réclame, la littérature pourrait bien reconduire aux sources de l'universel et du normatif. Des tragiques grecs à Kafka, de la Bible à Shakespeare, de Faust à Robinson Crusoë, on se propose de faire un parcours buissonnier, sans prétention d'exhaustivité. Mais quel que soit l'auteur ou l'oeuvre choisi, les propos convergent : il s'agit, entre droit et littérature, de multiplier les jeux de miroir en vue de dégager, au plus profond de leurs discours, quelque chose de leurs puissances respectives. Tantôt complices et tantôt rivaux, droit et littérature tentent, chacun à sa manière, d'instituer un monde.
01/11/2002
Durée du programme :85 minute(s) et 14 secondes
Classification Dewey :Droit, Littérature
Conférences
Niveau :Tous publics / hors niveau
Disciplines :Généralités, Histoire de l'art et Archéologie
Fiche LOM-FR :Français
Générique :
Producteur(s) :
UTLS - la suiteOST François
Statut
Professeur associé à la faculté de droit de Genève
Professeur ordinaire aux facultés universitaires St Louis à Bruxelles
Parcours
1975-1992 : assistant, chargé de cours, professeur aux facultés universitaires Saint Louis à Bruxelles
1982-1993 : doyen de la faculté de droit des facultés universitaires Saint Louis
1989 : Fondateur et co-directeur du CEDRE (Centre dEtude du Droit de lEnvironnement) rattaché aux Facultés universitaires Saint-Louis
1993 : Codirecteur du séminaire interdisciplinaire détudes juridiques des Facultés universitaires Saint-Louis
1997 : professeur invité à la faculté de droit de Genève et à luniversité catholique de Louvain
1999 : Président du corps académique des Facultés universitaires Saint-Louis
Spécialités
François Ost a travaillé sur la philosophie et la théorie du droit, sur la philosophie des droits de lhomme et sur les fondements du droit de lenvironnement. Parmi ses travaux récents, il sest intéressé aux rapports entre le droit et la littérature.
