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Voir le cerveau penser
L'imagerie par Résonance Magnétique (IRM) permet depuis une vingtaine d'année de produire des images de l'anatomie statique' du cerveau, c'est-à-dire des coupes virtuelles montrant les détails des structures cérébrales (matière grise, matière blanche) avec une précision millimétrique. Cette imagerie anatomique' est utilisée par les radiologues pour la détection et la localisation de lésions cérébrales. Plus récemment, l'IRM est aussi devenue fonctionnelle' (IRMf), montrant l'activité des différentes structures qui composent notre cerveau. L'imagerie neurofonctionnelle par IRMf repose sur deux concepts fondamentaux. Le premier, soupçonné depuis l'Antiquité mais clairement mis en évidence au siècle dernier par les travaux du chirurgien français Paul Broca, est que le cerveau n'est pas un organe homogène, mais que chaque région est plus ou moins spécialisée dans sa fonction. Le deuxième, suggéré par l'anglais Sherrington à la fin du siècle dernier, est que les régions cérébrales actives à un moment donné voient leur débit sanguin augmenter. C'est cette augmentation locale et transitoire de débit sanguin, et non directement l'activité des neurones, qui peut être détectée par l'IRMf et par la caméra à émission de positons (autre méthode d'imagerie neurofonctionnelle). En pratique, il suffit donc d'acquérir des images représentant le débit sanguin en chaque point de notre cerveau quand il exécute une tâche particulière (motrice, sensorielle, cognitive,...) et dans une condition de référence neutre. A l'aide d'un traitement informatique de ces images, on peut extraire les régions cérébrales pour lesquelles le débit sanguin a changé entre la condition de contrôle et l'exécution de la tâche et en déduire que ces régions ont participé à cette tâche. Ces régions sont reportées en couleurs sur l'anatomie cérébrale sous-jacente. Bien que l'imagerie neurofonctionnelle, aujourd'hui, ne permette pas de descendre à l'échelle des neurones, les exemples rassemblés dans ces pages tendent à montrer que les circuits cérébraux utilisés par l'activité de pensée' sont communs avec ceux utilisés par des processus de perception ou d'action réels. Ce résultat n'est pas surprenant a priori, si on considère que certaines formes de pensée (créer et voir une image mentale, imaginer une musique, inventer une histoire, évoquer des souvenirs...) ne sont autres que des simulations ou reproductions internes d'évènements que nous avons vécus ou que nous pourrions vivre. Au delà de l'identification des régions impliquées dans les processus cognitifs, des travaux en cours laissent présager qu'un jour nous pourrions peut-être même avoir accès en partie à la nature de l'information traitée par les différentes régions de notre cerveau, et donc, d'une certaine manière, à une petite fraction du contenu de nos pensées...
26/10/2002
Durée du programme :76 minute(s) et 55 secondes
Classification Dewey :Physiologie des animaux, Sciences de la vie. Biologie
Conférences
Niveau :Tous publics / hors niveau
Disciplines :Organisation et fonctionnement des êtres vivants, Biologie Animale, Sciences du vivant
Fiche LOM-FR :Français
Générique :
Producteur(s) :
UTLS - la suiteLE BIHAN Denis
Statut
Directeur de lUnité de neuro-imagerie anatomo fonctionnelle (UNAF) au Commissariat à lEnergie Atomique (service hospitalier Frédéric Joliot)
Directeur de lInstitut dimagerie neurofonctionnelle
Docteur en médecine et en physique
Parcours
2000 : Directeur de lInstitut dimagerie neurofonctionnelle
1999 : Directeur de lUnité de neuro-imagerie anatomo fonctionnelle (UNAF) au Commissariat à lEnergie Atomique (service hospitalier Frédéric Joliot)
1992 : consultant scientifique du Groupe Guerbet
1990-1994 : Responsable de la section Diagnostic Radioplogy Research au National Institutes of Health, Bethesda (USA)
1989-1996 : Professeur assistant de radiologie au Georgetown University Hospital à Washington
1987-1990 : Chercheur associé au National Institutes of Health, à Bethesda (USA)
1985-1987 : Chercheur au laboratoire de physique de la matière condensée à lEcole Polytechnique
1984-1985 : Assistant de recherche au département de biologie du service hospitalier Frédéric Joliot CEA à Orsay
Prix
2001 : Médaille dor de lInternational Society of Magnetic Resonance in Medecine
1994 : Prix de la Société Européenne de Résonance Magnétique en médecine et biologie
1991 : Prix Greenfield de lAmerican Association of Physicists in Medicine (AAPM)
1986 : Prix René Djindjian de la Société Française de Neuroradiologie
1985 : Prix Michel Katz de la Société Française de Radiologie
Spécialités
Denis Le bihan a contribué au développement de nouvelles méthodes dimagerie permettant notamment létude du fonctionnement cérébral. Ses travaux on consisté à introduire de nouveaux concepts dimagerie, par exemple en imagerie par résonance magnétique (IRM) et à appliquer ces concepts. Avec ses collaborateurs, il a par exemple été lun des premiers à suggérer que lIRM pourrait être utilisé de manière thérapeutique et non plus seulement de manière diagnostique. Il a ainsi construit un prototype de système dhyperthermie à visée anti-tumorale guidé par IRM. Il a également inauguré de nouvelles approches dans le domaine de limagerie du cerveau humain.
